La question centrale n’est pas le comment mais le pourquoi ?

Cette approche permet en effet d’éviter le traditionnel écueil technologique : blog, CMS, Web 2.0, Ajax, framework, Flash, php, Sprites, Slverlight, RIA … ne doivent pas être au centre du débat, ils ne sont que les accessoires d’un noeud stratégique, pourquoi refondre son site ?

Le point de départ est un ensemble  d’insatisfactions :

  • trafic insuffisant
  • contenu obsolète / absence de mises à jour
  • ligne graphique perçue comme dépassée
  • faible interactivité
  • bref, le site actuel ne remplit bien souvent pas ses objectifs

Etape 1 : formuler clairement les insatisfactions

Il faut dépasser le stade du malaise global et attaquer le problème sans complaisance :

  • le site n’atteint pas ses objectifs, encore faut-il les avoir définis clairement et mis les moyens nécessaires pour les atteindre
  • contenu obsolète : le problème est-il une impossibilité technique (site statique, absence de système de gestion de contenu) ou tout simplement l’absence de ressources internes ?
  • trafic insuffisant : pour quelle cible ? Le site initial a-t-il intégré les inévitables aspects marketing, référencement … ?
  • ligne graphique : quelle est l’identité graphique de la société, nécessite-t-elle des adaptations pour le web ? Voyez notre précédent billet concernant le design web.
  • faible interactivité : quel dialogue avec quels clients ? A-t-on pris en compte la question de l’ergonomie ? Voir notre billet concernant l’interactivité.

Etape 2a : reformuler systématiquement les objectifs

La base de tout, c’est évidemment une bonne connaissance de soi-même (produits, marché, forces, faiblesses …) et de ses clients (public cible, profil, attentes …)

Une perception claire des problèmes rencontrés sur le site actuel et une définition précise des objectifs est donc indispensable pour ne pas trébucher une nouvelle fois, engloutir du temps, de l’énergie et de l’argent.

Le processus est donc plus complexe que de démarrer un nouveau site web (sauf à faire table rase du passé) : le site actuel a un certain contenu, atteint certains clients … il s’agit de vérifier ce qui doit subsister et profiter des erreurs du passé.

Comme pour tout projet, informatique ou non, l’établissement d’un cahier de charges va permettre de planifier la refonte, vérifier son état d’avancement et mesurer le succès des mesures prises. Il est par ailleurs le document indispensable dans la relation avec les prestataires.

Etape 2b : ok, un peu de technique

Ayant reformulé les objectifs opérationnels du nouveau site, c’est le moment de se pencher sur les outils et technologies disponibles pour y arriver. Système de gestion de contenu, lettre d’information … tout ceci doit être discuté avec votre partenaire professionnel.

Quelques conseils :

  • prenez le temps nécessaire pour vous informer et évaluer, les choix posés à ce stade peuvent vous engager sur de nombreux mois, voire de nombreuses années
  • il n’existe pas d’outil parfait, il faudra faire certaines concessions, le tout est de les faire en connaissance de cause
  • il faut choisir : attendre la solution optimale n’a aucun sens. Chaque mois apparaissent de nouveaux outils, pour éviter la frustration permanente, dites-vous qu’un site web est un processus en évolution permanente
  • mieux vaut un outil que l’on maîtrise qu’une usine à gaz prometteuse mais inconnue ou instable
  • faites appel à des professionnels : croire que l’on pourra par exemple soi-même créer sa charte graphique est une grossière erreur. Chacun son métier … ceux qui ont développé eux-mêmes leur premier site web le savent mieux que n’importe qui.

Etape 3 : planifier avec rigueur

Le cahier de charges combine dans une échelle de temps :

  • des éléments de fond : publics, objectifs …
  • des éléments de forme : moyens techniques, graphisme …
  • des ressources : prestataires, budgets …

La planification et la méthodologie sont les clés du succès : « mesurer c’est savoir ».

Etape 4 : exécuter / valider

La mise en production est un processus itératif en lien permanent avec le cahier de charges. Les fonctionnalités sont-elles correctement implémentées, les délais sont-ils respectés ? Il vaut mieux agir tôt dans le processus : au plus tard une erreur est découverte, au plus complexe (et donc coûteuse) elle est à corriger.

Seuls des tests adéquats permettront de valider correctement le nouveau site. Beaucoup de clients considèrent que c’est du temps perdu et que cela retarde la mise en production de leur site. Erreur …

N’oublions pas également de mettre en place les outils de mesure et d’analyse, objectifs nécessaires : trafic, sources, durée et nombre moyen de visites par page …

Etape 5 : maintenir

Ouf, votre nouveau site web est lancé . Pour être franc, tout reste à faire … aussi longues et minutieuses soient les étapes, le coeur du sujet reste le contenu : pas de contenu, pas de site. Il faut donc dédier le temps et les ressources nécessaires pour produire un contenu :

  • de qualité
  • régulier
  • à jour

Voyez notre billet sur ce sujet : « Ecrire pour le web« .

Etape 6 : retour à l’étape 1

Eh oui, un site web est un éternel recommencement :

  • évolution de votre propre business model
  • nouveaux produits et services
  • évolution des attentes de votre public cible
  • ajout de nouveaux medias de communication (réseaux sociaux, web mobile …)
  • évolution du marché et plus globalement de la société

Un commentaire pour “Refondre son site web, oui mais pourquoi ?”

  1. Très bon article qui résume bien la démarche pour refondre son site.
    Je rajouterais dans l’étape 1 de mettre en place des tests utilisateurs pour définir les insatisfactions des internautes ==> Après tout,c’est aussi pour eux qu’on va refondre le site 😉

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